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mardi 7 février 2012
Imperfection /// Bernard Stiegler
Après Clément Chéroux et son fautographie
après Thomas Lélu et son manuel de la photo ratée
Bernard Stiegler nous parle de l'inversion des valeur de la "bonne" photographie
sur le blog du fotomuseum wintertur
le blog "deleted images"
dimanche 13 novembre 2011
dimanche 16 octobre 2011
clément chéroux /// photographier la pensée
Photographier la pensée - Clément CHEROUX par centrepompidou
Plus d'un riche parcours universitaire, Clément Chéroux est conservateur pour la photographie au Centre Pompidou (MNAM-CCI), objet sur lequel il porte un regard précis et singulier tout au long des nombreux ouvrages qu'il a publié sur la question. Il posera la question suivante lors de sa prise de parole: Comment photographier la pensée, s'appuyant sur des tentatives historiques, allant de Louis Darget à Armando Salas Portugal.
dimanche 10 juillet 2011
From Here On /// Ma voiture s'appelle Picasso

Beaucoup à dire sur cette exposition qui prend acte de la situation nouvelle des images. Des milliards d'images sont maintenant accessibles. On en déduit ce que Joan Fontcuberta appelle une écologie de production. À quoi bon prendre une image de coucher de soleil, alors que l'on peut acceder à des millions d'images du même type en un clic.
Cette exposition peut être vue comme la suite de l'exposition "tous photographes" (2008, musée de l'Élysée).
À n'en pas douter , elle fera date.
From Here On
Ma voiture s’appelle Picasso
Ceux qui naissent aujourd’hui de par le monde ont sans doute plus de chance d’entendre, pour la première fois, prononcer le nom de « Picasso » à propos d’une voiture que de l’un des peintres les plus influents du XX e siècle. C’est là le signe de l’extrême porosité actuelle entre l’art et la culture populaire. C’est aussi le résultat d’une longue partie de yo-yo entre High and Low entamée il y a près d’un siècle.
On fêtera, en effet, bientôt le centenaire de l’invention du ready-made par Marcel Duchamp. Depuis, le principe qui consiste à s’emparer d’un objet de consommation courante pour l’introduire dans la sphère de l’art a fait florès. La plupart des avant-gardes historiques – Dada, le Surréalisme, le Pop Art, l’Internationale situationniste, la Picture Generation et le postmodernisme – ont largement éprouvé les inépuisables ressources plastiques de l’appropriation, à tel point que celle-ci est aujourd’hui devenue un médium à part entière. On a maintenant recours à la technique de l’appropriation comme un artiste du quattrocento utilisait la camera obscura, ou comme un peintre du dimanche ferait de l’aquarelle. Tout le monde la pratique désormais : l’artiste vers lequel tous les regards se tournent, l’étudiant des Beaux-Arts, ma voisine ou mon cousin et même les directeurs artistiques des grandes compagnies automobiles.
un entretient à ce sujet avec Joan Fontcuberta
vues d'exposition (réalisées par André Gunthert)
directement lié à cette exposition,
la nouvelle revue du Musée de l'Élysée "ELSE" (dont une bonne partie du matériel est repris dans l'exposition infos ici
illustrations: 1_thomas mailaender, "extrem tourism", 2011 /// 2__vue de l'exposition "From Here On", Arles, Juillet 2011, André Gunthert
lundi 25 avril 2011
Walter Benjamin /// L’oeuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée /// Du nouveau sur les fleurs /// Peinture et photographie
Présentation de Christophe Jouanlanne
(Éditions Gallimard, collection Art et Esthétique, 1997)
Pour
Benjamin, quatre opérations définissent la technique photographique:
deux opérations principales, le gros plan ou le grossissement et le
ralenti, deux opérations secondaires, la réduction et l'accéléré
.Le choix de ces quatre opérations semble extrêmementclair : l'oeil
en est de lui-même incapable, sans le secours de certains
instruments. Mais si des instruments existent (loupe, microscope) qui
permettent à l'oeil de voir les choses agrandies (ou réduites), il
n'en existe aucun qui lui permette de ralentir ou d'accélérer un
mouvement que nous voyons; dans ce dernier cas, la médiation de l'
image est nécessaire.
dimanche 30 janvier 2011
Iain Baxter& : Canadian perspective /// Centre Culturel Canadien, Paris
Artiste à l’origine de l’art conceptuel au Canada, Iain Baxter& produit depuis une quarantaine d’années des œuvres et des idées audacieuses, singulières et « sensibles » qui étonnent et déstabilisent tant la critique que le public. Il a d’abord étudié la zoologie et la biologie, poursuivant ensuite des études en psychologie de l’éducation, en philosophie et en beaux-arts, suivies par une étude du zen au Japon en 1961 grâce à une bourse octroyée par le gouvernement japonais – un parcours inusité qui a jeté les fondements d’une pratique prolifique. Dès 1966, Iain Baxter& se fait connaître en réalisant l’installation Bagged Place qui reconstituait une maison moderne, avec son mobilier et ses objets quotidiens, soigneusement emballés dans du plastique transparent. La même année, Baxter& fonde la N.E. Thing Co. (la compagnie était une entreprise commune de Baxter& et de son épouse Ingrid, mais elle a été dissoute lorsqu’ils se sont séparés, en 1978), grâce à laquelle il a élaboré une esthétique qui interrogeait les structures impliquées dans la création et la production d’une œuvre d’art, le système de l’art et ses modalités de mise en marché tout comme l’organisation de la pensée elle-même. Il a également initié différentes pratiques au Canada telles que la réalisation de la première installation, l’usage de la boîte lumineuse ou encore l’expérimentation des technologies de l’information qui lui ont permis de réaliser des œuvres à distance.
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plus d'info
illustrations 1_ Quater Mile Landscape, P.E.I., 1969, Stop Viewing (extrait) /// 2 et 3_ Portfolio of piles, 1968 (extrait)
lundi 15 novembre 2010
lundi 27 septembre 2010
Paul Virilio /// Penser la vitesse /// OMNIPOLIS, la ville-monde
Interview de Paul Virilio par Stephane Paoli
envoyé par lageneraledeproduction. - L'info internationale vidéo.
Lorsqu'il entreprit de dénoncer, voici une quinzaine années, le règne ambigu et désintégrateur de la « vitesse », Virilio fut mal compris. Il l'est nettement mieux aujourd'hui. Entre-temps, nous avons pris conscience qu'une logique subliminale gouvernait notre nouveau rapport à la vérité et au monde lui-même. Cette logique est celle d'une vitesse sans cesse augmentée. Dans deux ouvrages, publiés au début des années 1990, Virilio soulignait que la vitesse, non contente d'occuper une place prépondérante dans notre représentation du réel, finirait par constituer le réel lui-même. C'est à peu près fait. Ses réflexions sont en passe de devenir des passages obligés de la réflexion contemporaine. Notre dette à l'égard de Virilio s'en est accrue d'autant. lire la suite
voir aussi:
Paul Virilio : "Le krach actuel représente l'accident intégral par excellence"
dimanche 26 septembre 2010
Jean Baudrillard et la photographie /// La disparition du monde réel
Vidéo, écran interactif, multimedia, Internet, réalité virtuelle : l'interactivité nous menace de partout. Partout ce qui était séparé est confondu, partout est abolie la distance : entre les sexes, entre les pôles opposés, entre la scène et la salle, entre les protagonistes de l'action, entre le sujet et l'objet, entre le réel et son double. Et cette confusion des termes, cette collision des pôles font que nulle part il n'y a plus de jugement de valeur possible : ni en art, ni en morale, ni en politique. Par l'abolition de la distance, du "pathos de la distance", tout devient indécidable. Jusque dans le domaine physique : la trop grande proximité du récepteur et de la source d'émission crée un effet Larsen qui brouille les ondes. La trop grande proximité de l'événement et de sa diffusion en temps réel crée une indécidabilité, une virtualité de l'événement qui lui ôte sa dimension historique et le soustrait à la mémoire (1.). Partout où opère cette promiscuité, cette collision des pôles, ça fait masse.
lire la suite sur EGS
samedi 3 avril 2010
The hoax is a hoax or may or may not be /// Darren Bader, Marieta Chirulescu, Chloé Quenum /// Galerie Carlos Cardenas

The hoax is a hoax or may or may not be
Before the screen, before Euclid, before the window, there was the lie.
There was originally no difference between the lie and the eye: each saw.
Sight was borne on the eaves of fiction and fiction was born on the biceps
of sight.
We are creatures of the day and of the night and both are our homes, are
our disarmers. What becomes true is the place you were meant to be.
There is a guidepost, a beckon, a beacon, a peal, a meal: we are meant to
know –that’s enough for NOW. Now is enough for later sometimes, but
sometimes is not enough later for now too.
All we are saying is give peace a chance
All we are saying is get what you want
All we are seeing is nothing but what
All we are seeing is everything but
All we’re assailing is everything but
All we’re availing is the thought of what’s what
lire la suite en téléchargeant le dossier de presse sur le site de la galerie Carlos Cardenas
Illustration: Marieta Chirulescu, Mixed Gradiens 1.5, 2010, C-print on alu dibond 68,5 x 52,5 cm
André Gunthert /// L'atelier des icones /// La photographie est-elle encore moderne?


André Gunthert Intervention dans le cadre du colloque “Nouvelles perspectives pour les photographes professionnels”, Ecole Louis-Lumière, Paris, 29 mars 2010
Le monde de la photographie éprouve aujourd’hui un paradoxe nouveau. Il a absorbé dans la pratique le choc de la numérisation, sa plus importante mutation technologique depuis l’invention du négatif (Talbot, 1840). Mais il reste fortement attaché à ses symboles traditionnels et montre une résistance surprenante à admettre ou à faire valoir cette évolution dans ses représentations.
Les effets de la numérisation peuvent être expliqués par sa principale caractéristique: la dématérialisation du support. Tout comme la notation écrite a permis la reproduction et la diffusion des messages linguistiques, la transformation de l’image en information la rend indépendante du support matériel, qui n’en est qu’un véhicule temporaire.
lire la suite sur Culture Visuelle
Illustrations : _1 et _2: Musée de l'Elysée, Lausanne, exposition "Tous Photographes!".
dimanche 28 mars 2010
Collecter / Recycler /// Usages de l'archive photographique dans la création contemporaine /// CPIF


Collecter / Recycler: usages de l'archive photographique dans la création contemporaine
Stanislas Amand, John Baldessari, Eric Baudelaire, Pierre Bismuth, Ludovic Burel, documentation céline duval, Mark Geffriaud, Jonathan Monk, Mathieu Pernot.
Le recyclage de l’image photographique comme procédé de création a déjà une longue histoire. Présente dans les collages cubistes et dadaïstes, les travaux des Surréalistes, des Nouveaux Réalistes et des artistes du Pop Art, que ce soit pour s’affranchir des pratiques illusionnistes, pour prendre ses distances avec la notion d’auteur, pour dynamiter les hiérarchies de l’art, pour sa dimension testimoniale et historique ou bien encore pour sa dimension poétique et plastique, l’archive photographique est citée, détournée, interprétée, bref prise comme un readymade, un matériau pour créer une nouvelle oeuvre. Cet usage s’inscrit-il aujourd’hui dans une économie, une société où l’image circule à profusion comme une attitude pour qu’apparaissent des images en moins, des images justes ? C’est l’une des interrogations de l’exposition collective qui prendra place au CPIF.
Illustrations: 1_Mathieu Pernot, Sans titre, extrait de la série «Les Témoins», 2006.Courtesy Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Paris et Galerie Vu, Paris © Mathieu Pernot /// 2_Ludovic Burel, A boy, a Girl and a Machine, 2007, Courtesy Cpif © Ludovic Burel
"Papier photo" /// Galerie Chez Valentin, Paris



Papier Photo est une proposition de Sophie Sophie Berrebi et Frédérique Valentin, comprenant des travaux de Shannon Ebner, Haris Epaminonda, Amy Granat, Pierre Leguillon, Alexandra Leykauf.
Les œuvres des artistes réunis dans “Papier photo” sont traversées par la question du document photographique, objet a priori stable et factuel mais ici poussé vers un brouillage et une illisibilité.
Le point de départ de l’exposition est un projet de recherche sur le document comme forme artistique dans l’art contemporain. Employé dans le photo conceptualisme et les pratiques éphémères des années soixante et soixante-dix, le document redevient central dans le « tournant documentaire » des années 1990. Là comme avant, il est traditionnellement perçu comme une forme non remarquable, plutôt neutre, dont la valeur se situe au niveau du contenu : faits, témoignages, preuves. Mais a l’opposé de ces conceptions, certains artistes voient dans le document une forme, qui sous couvert de n’être qu’un contenu, articule et perpétue des systèmes de distribution du savoir. Ces artistes examinent les conventions de présentation des documents et les pratiques discursives auxquelles ils se rattachent afin de les démanteler et de réfléchir à la production, la circulation et la nature même de savoir. Ce travail critique fait apparaître le document comme une forme instable et équivoque bien plus que comme fait absolu.
lire la suite ici
Illustrations: 1_ “IS RISING,” Shannon Ebner, 5 C-prints, 17 7/16 x 77 ¾ inches, 2007, Wallaspace Gallery /// 2_Vue de l’exposition "Papier photo", de gauche à droite: Alexandra Leykauf, Haris Epaminonda, Pierre Leguillon /// 3_Amy Granat, "One and one 2", 2008. Photogram. 56 x 65 cm
lundi 23 novembre 2009
Bretagne: voyager en couleurs (1907-1929) /// Plaques Autochromes /// Musée Albert Kahn, Boulogne


Au début du XXe siècle, la Bretagne est une région au caractère authentique. Les premiers autochromistes parisiens là découvrent en suivant les guides touristiques. Photographes amateurs, professionnels ou opérateurs des Archives de la Planète, ils vont y expérimenter le procédé autochrome inventé en 1907. Les photographies en couleurs véritables qu’ils rapportent illustrent des sites célèbres, des paysages maritimes, des scènes de la vie rurale ou des cérémonies religieuses. L'exposition regroupera 135 photographies et des films, issus des collections du musée Albert-Kahn ainsi que d’autres fonds pour un voyage inédit sur les terres de Bretagne.
plus d'information sur le site spécifique de l'exposition
L'exposition est présentée par Nathalie Boulouch. Historienne de l’art contemporain, Nathalie Boulouch est maîtresse de conférences à l’université Rennes 2 Haute-Bretagne. Elle est vice-présidente de la Société française de photographie, secrétaire générale des Archives de la critique d’art, membre du comité de rédaction des revues Etudes photographiques et Critique d’art.
Nathalie Boulouch est une spécialiste de la photographie couleur.Elle prépare un ouvrage sur la photographie couleur au XXeme siècle, à paraître aux éditions Textuel.
Illustrations: 1_ "La Grande Troménie - Reposoir Ecce Homo", Locronan (Finistère), 14-21 juillet 1929. Autochrome de Roger Dumas, Inv. A 60370. © Musée Albert-Kahn – Département des Hauts-de-Seine /// 2_ "Bigouden en costume de jeune marié", Penmarc’h (Finistère), 29 février 1920. Autochrome de Georges Chevalier, Inv. A 20287. © Musée Albert-Kahn – Département des Hauts-de-Seine
dimanche 22 novembre 2009
Jan Kempenaers /// Spomenik: The End of History /// Crown Gallery, Bruxelles


Dans le cadre de son projet « Spomenik: The End of History » (spomenik: "mémorial" en Serbo-Croate), Jan Kempenaers (né en 1968, vit à Anvers) a photographié en ex-Yougoslavie bon nombre de monuments érigés à la mémoire des batailles de la seconde guerre mondiale par l’ancien régime communiste. Ces constructions surprennent par leurs lignes spectaculaires et futuristes, leur plasticité et leur étonnante intégration au paysage.
plus d'information Crown Gallery, Bruxelles
Illustrations: 1_Jan Kempenaers "Spomenik #5", 2007, color photograph, 101 cm X 124 cm, 2_Jan Kempenaers "Spomenik #1", 2007, color photograph, 101 cm X 124 cm, courtesy Crown Gallery
vendredi 2 octobre 2009
La subversion des images /// Surrealisme, Photographie, Film /// Centre Pompidou



Au Centre Pompidou, une exposition passionnante explore les multiples usages et techniques employés par ce mouvement artistique pour modifier le regard
"Rien n'est venu donner autant raison au Surréalisme que la photographie" Salvador Dali
Critique de Muriel Berthou Crestey:
Jusqu’au 11 janvier, la cohésion de près de 400 œuvres habilement rassemblées sous le dénominateur commun d’une sédition iconographique, révèle la prodigalité des collections du Centre Pompidou, exceptionnellement accompagnées par certains fonds internationaux jusqu’alors inédits. Phares et chevilles ouvrières plus confidentielles de l’image s’y rencontrent. « La table de montage » est au cœur de cette révolution pourtant mâtinée d’un esprit de filiation avec les productions antérieures. Provoquant à coup sûr « l’étincelle » évoquée dans le Manifeste de 1924, les rapprochements font jaillir une « lumière particulière, (celle de) l’image, à laquelle nous nous montrons infiniment sensibles ».
L’espace métamorphosé de la galerie 2 renouvelle la magie des installations labyrinthiques dont André Breton semblait avoir le secret, en conciliant une réflexion approfondie sur la circulation des images à celle du spectateur. Un fil rouge - d’Ariane ? - fédère les neuf sections thématiques autour des multiples usages de l’image photographique, en symbiose avec le cinéma (de Man Ray, G. Dulac, L. Bunuel…).
Immédiatement, les titres palimpsestes dévoilent l’un des partis pris affichés de l’exposition : celui de nous inviter à passer « de l’autre côté du miroir » des apparences ; et mettre à l’épreuve les clichés du surréalisme. Le double du texte inversé apparaît sous forme d’ombre comme pour évoquer la métaphore freudienne de l’ardoise magique (où reste en partie visible la trace atténuée du graphisme passé) associée à l’inconscient. Déjà est-il question de l’écriture automatique et des circonvolutions de l’imaginaire ayant inspirées les superbes clichés d’Eileen Agar qui change, telle Circé, le rocher en lapin.
lire la suite de la critique de Muriel Berthou Crestey sur ViteVu
VIDEO Interview des commissaires
Illustrations: 1_Plan de l'exposition /// 2_Man Ray "Explosante fixe", 1934, Photographie publiée dans Minotaure n°5, 1934 et reprise dans André Breton, L’Amour fou, Paris, Gallimard, 1937, 22,8 x 17,8 cm /// 3_Paul Nougé "La Jongleuse", de la série « Subversion des images », 1929-1930 , 20 x 20 cm
lundi 14 septembre 2009
Clément Chéroux /// Diplopie. L'image photographique à l'ère des medias globalisés: essai sur le 11 septembre


Pourquoi n’avons-nous retenu du 11-septembre, l’événement le plus photographié de l’histoire, que quelques images, répétées en boucle ? Dans un ouvrage à la fois riche et concis, Clément Chéroux, historien de la photographie et conservateur au Centre Pompidou, décortique ce « paradoxe du 11 septembre ».
Il existe peu de livres sur le 11-septembre. Depuis 2001, on trouve à foison dans les librairies des ouvrages sur Al Quaida et Ben Laden, le terrorisme en général et la menace islamiste en particulier, ou bien encore des récits de survivants ou des romans librement inspirés des événements de ce matin de septembre. Mais les essais offrant une analyse approfondie et circonstanciée des attentats du 11-septembre en eux-mêmes, de ce qui nous est arrivé ce jour-là, restent singulièrement rares, même huit ans après. Le livre que nous offre aujourd’hui Clément Chéroux, historien de la photographie et conservateur au Centre Pompidou est d’autant plus précieux.
Son titre, Diplopie, n’indique pas d’emblée que l’on a entre les mains un livre sur le 11-septembre. De même, il faut un instant de réflexion pour s’apercevoir que la couverture est une photographie en gros plan d’une des tours du World Trade Center… Diplopie est en fait un terme emprunté au vocabulaire de l’ophtalmologie, qui désigne « un trouble fonctionnel de la vision qui se traduit par la perception de deux images pour un seul objet ». Voir double, en somme. Le terme résume à merveille l’objet des recherches auxquelles s’est consacré Clément Chéroux lors d’un séjour à l’Université de Princeton. Il y a passé méthodiquement en revue la presse américaine et internationale des 11 et 12 septembre 2001, dans le but de comprendre pourquoi, en regardant les photographies du 11-septembre publiées dans la presse, nous avons eu l’impression de voir double. Une telle impression peut correspondre à deux sentiments distincts, autour desquels s’articulent les deux parties du livre : le sentiment de mise en boucle et celui de déjà-vu.
lire la suite sur la vie des idées
Illustrations: 1_couvertures de quotidiens Américains du 12 Septembre 2009. plus d'infos ici
2_couverture du livre Clément Chéroux, Diplopie. L’image photographique à l’ère des médias globalisés : essai sur le 11 septembre 2001, Cherbourg-Octeville, Le Point du Jour, 2009. 136 p., 65 illustrations, 20 €.
jeudi 9 juillet 2009
Cieslik und Schenk /// IF AND ONLY IF /// Computer Generated Photography /// Galerie Catherine Bastide


Le rapport entre la photographie en tant que médium apte à représenter fidèlement le monde et les conditions de la perception via un support a été exploré sous différents angles. Pour éviter le brouillage de l’objet visé, Cieslik et Schenk construisent et produisent leurs images par le seul biais de l’ordinateur. Ils inventent littéralement leurs images, non seulement par la représentation d’un motif mais aussi par la mise en place d’installations visant à donner l’illusion d’un réel travail photographique. Le temps nécessaire à la minutieuse élaboration de ces œuvres leur confère netteté, intensité et consistance, bien qu’elles semblent de prime abord relever plutôt de l’accident.
Cieslik et Schenk, avec leurs tirages lambda aux petits formats soigneusement encadrés, ne se contentent pas de récréer une image photographique : ils sondent le potentiel discursif des corrélations entre image et support. En amenant le regardeur vers l’image suivant une approche faussement dilettante et des motifs a priori banals, ils le privent de tout éclaircissement d’ordre factuel quant aux sujets représentés. Mais on en découvre davantage que ce qu’il y a à voir. En prenant conscience que nous regardons des bribes de réalité, semblables à des photos mais qui ne correspondent précisément à rien de ce qui nous entoure, nous nous concentrons sur la « grammaire » du langage pictural. Le recours à des éléments fictifs nous dévoile notre penchant à suivre la logique interne propre à toute image.
lire la suite sur le site de la galerie Catherine Bastide
Illustrations: 1_ Cieslik et Schenk "DGM 19:12, untitled" , 2008, Lambda print - 40,5 x 56,5 cm 2_Cieslik et Schenk "GMC 09:23, untitled", 2007, Lambda print - 85 x 68 cm / 120 x 100 cm framed
dimanche 28 juin 2009
Iconologie /// W.J.T. Mitchell /// visual studies

À la confluence de l'histoire de l'art, de l'esthétique, de la théorie littéraire et des cultural studies, une discipline proprement « inouïe » a vu le jour outre-Atlantique : les visual studies. W.J.T. Mitchell en aura été l'un des principaux instigateurs. Avec son Iconologie, l'auteur nous pousse à considérer l'image en ce qu'elle participe de l'intégralité de la sphère sociale, mais aussi en ce qu'elle empreint toute discipline en son épistémologie même, de la littérature aux sciences, et toute politique, de l'image-making des politiciens à leurs discours de la « fabrication d'une certaine image » à « l'art de faire croire à la réalité de cette image », disait Hannah Arendt.
lire la suite chez l'éditeur les prairies ordinaires
l'éloquence des images: une critique du livre chez nonfiction.fr
Illustration: couverture du livre de W.J.T Mitchell, Iconologie: image, texte, idéologie, traduit de l'anglais par Maxime Boidy et Stéphane Roth, Les Prairies ordinaires, Coll. "Penser/Croiser", avril 2009
samedi 16 mai 2009
BANGKOK /// Heidi Specker /// Germaine Krull



Depuis les travaux des années 90 intitulés "Speckergruppen" , Heidi Specker étudie les principes structurels qui soustendent l’architecture moderne et comment cela se relie à la construction d’une image. Aux "Speckergruppen", suit un travail intitulé "Concrete", un examen détaillé des matériaux et de leur apparence visuelle. Dans ses dernières séries, Im Garten, Specker est retournée à la nature de la photographie et réflète les relations entre la nature et l’architecture, juxtaposant dans ses compositions des immeubles et la flore qui les entoure. Comme on le voit dans son livre, le plaisir visuel dans les photographies de Specker et son utilisation trompeuse des couleurs rappellent le travail de Albert Renger-Patzsch. Architecture et nature se fondent pour former graphiquement des scènes de luminosité energétique.
un extrait du livre, qui met en correspondance ses travaux avec ceux de Germaine Krull, 75 ans plus tôt
le site de Heidi Specker
Illustrations: 1_BANGKOK HEIDI SPECKER GERMAINE KRULL 2005, Ann und Jürgen Wilde, 160 pages, 66 images /// 2_BANGKOK XIV (40/41/42) 2005, Fine Art Prints on Fabriano, 30,5 x 23,5 cm /// 3_BANGKOK I (1/2/3) 2005, Fine Art Prints on Fabriano, 30,5 x 23,5 cm /// © Heidi Specker
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