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dimanche 12 janvier 2014

John Smith /// The girl chewing gum



Parmi les cinéastes-dialecticiens, d’Eisenstein à Godard, de Murnau à Eustache, on pourrait aisément compter un cinéaste expérimental britannique dont le nom est courant et omniprésent : John Smith. Pour ce cinéaste, la dialectique s’opère évidemment entre l’image et le son, mais aussi et surtout entre la fiction et la réalité, le grand et le petit, l’exceptionnel et le trivial, ou encore l’histoire et la vie quotidienne qui, perçue comme un petit rien, disparaîtra dans l’élaboration de l’histoire officielle. Dans sa récente sérieHotel Diaries (2001-2007), John Smith oppose de façon simple et subtile ces deux choses incompatibles et entremêle son monologue balbutiant d’une réflexion sur des guerres en cours. Pour le voir, il suffit de regarder son premier épisode, Frozen War (2001), où le cinéaste, en pleine nuit dans une chambre d’hôtel, juxtapose la description des meubles et le commentaire off autour d’une image télévisée qui, s’arrêtant par accident à 1 h 41 du matin, rapporte le bombardement par les Américains et les Britanniques de l’Afghanistan. Afin d’introduire l’historicité dans son œuvre, John Smith persiste tout de même à ne pas s’éloigner de l’un des sujets auxquels il s’attache depuis ses premiers films, le quotidien, c’est-à-dire, pour parler comme Blanchot, « ce qu’il y a de plus difficile à découvrir »

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samedi 19 octobre 2013

europunk, une révolution artistique /// Georges Rey, "get baque" Starshooter , 1977, super8 sonore



 "Mon cinéma ne veut rien, ne dit rien, il montre." Georges Rey Cinéaste et photographe, fondateur en 1976 de la salle expérimentale « Le cinéma » à Lyon et programmateur à l’Espace Lyonnais d’Art Contemporain, Georges Rey (né en 1942) est contemporain dans les années 60 du courant appelé cinéma « expérimental » ou « underground » aux Etats-Unis. Ses films consacrés à la scène punk lyonnaise (Starshooter, Electric Callas, Marie et les Garçons) sont montrés dans le cadre de l'exposition Europunk.  
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EUROPUNK... UNE RÉVOLUTION ARTISTIQUE Du 15 octobre 2013 au 19 janvier 2014 Né sur les cendres froides de Mai 68, dans un contexte de crise économique et de faillite des idéologies, et dans un monde en proie à une menace protéiforme et confuse (nucléaire, totalitaire, terroriste), le punk est un mouvement aussi paradoxal que fondamental. Révolution sans cause, ambiguë, chaotique et radicale, faisant un usage systématique de la provocation et du second degré, le punk prônait le no future tout en proposant à chacun de changer le monde. L'injonction Do it yourself, exaltant les vertus de l'action autonome et faisant de chacun un acteur/créateur potentiel, est un axiome qui n'a rien perdu de sa pertinence. L'exposition Europunk veut montrer le fruit de cette effervescence créative qui, entre 1976 et 1980, parallèlement à ce qui se produisait aux États-Unis, a agité le Royaume-Uni d'abord, puis l'ensemble du continent européen. Enfant illégitime de Dada, de Fluxus et du situationnisme, cette contre-culture qui rejetait l'Art aura en effet réussi, au mépris des canons esthétiques, à imprégner profondément et durablement tous les domaines de la création : la musique bien entendu, mais aussi le cinéma, les arts plastiques, la mode, la bande dessinée…
plus d'info ici

vendredi 18 octobre 2013

Luc Moullet /// Ma première brasse (1981)




 En 1980, un fan qui dirigeait une "collection" à l’Institut National de l’Audiovisuel, Jean Collet, m’a proposé de tourner un des six téléfilms prévus sur le thème "Le Grand jour". Ne sachant pas nager, j’ai imaginé que ce serait un grand jour pour moi que celui où j’apprendrais à nager. Une option totalement imaginaire, car je me fous totalement de savoir nager ou pas. Le film raconte donc mon rapport à l’eau avant la date du grand jour, et mon odyssée ponctuelle de l’apprentissage. C’est le premier de mes films dont je suis le seul protagoniste. Les membres de l’équipe technique y tiennent aussi leurs propres rôles, avec des comportements totalement imaginaires. C’est probablement le plus pataphysique de mes films. Trois-quarts d’heure pour un sujet aussi mince. C’est le paradoxe de "Ma première brasse". Le plus étrange, c’est que ce film très peu conventionnel est en fait un téléfilm, genre très standardisé. Voilà le genre de produits jugés incongrus par la critique télévisuelle. Une séquence a particulièrement retenu l’attention : ma danse de trois minutes, en un seul plan, sur les tons, réputés impossibles à danser, du hit Pop Corn, un exemple fameux de musique électronique. (Luc Moullet)

samedi 2 mars 2013

Luc Moullet "Foix" /// 1994



L'œuvre cinématographique de Luc Moullet est celle d’un franc-tireur indépendant, malicieux et facétieux, à mi-chemin (de traverse ou buissonnier) entre le bricolage en amateur éclairé (le musicien et inventeur d’instruments Patrice Moullet qui a réalisé la musique de plusieurs de ses films est son frère) et la contrebande en professionnel équilibriste (sur le mince fil tendu entre budgets légers et projets osés). La réelle diversité de cette œuvre en termes de formes, de formats et de genres, est faite d’alternance depuis plus de quarante ans de courts et de longs métrages, de documentaires irisés de fiction et de films de genre iconoclastes, d’essais plus ou moins autobiographiques et de leçons de choses pratiques et insolites. Car il s’agit au fond ici de mener sur tous les fronts une vive et acérée critique de la société contemporaine radiographiée jusque dans ses plus intimes, infimes et dérisoires aberrations.

quelques extraits de la voix off du film:

"le mélangisme n'est pas un système exclusif: on a su préserver la pureté de l'ancien. Foix ne refuse pas le moderne. Les premiers grafitis sont délà arrivés à Foix mais un grand soin a été apporté à la propreté sous l'impulsion du maire, monsieur Fonderre."
"tout est fait pour les jeunes: ils se rendent au lycée, situé derrière l'hôpital"
"autre équipement culturel: la rue piétonne: elle offre l'avantage de pouvoir être utilisée par les piétons et par les autos"

mercredi 18 avril 2012

MARTYNKA WAWRZYNIAK /// chocolate, 2011





Martynka Wawrzyniak présente "Chocolate" à la galerie Jousse Entreprise, à l'invitation de l'artiste Richard Kern, exposition "Vintage and recent works.
voir son site ici

Illustrations: 1_"Chocolate", video sonore, 8', 2011, Martynka Wawrzyniak /// 2_"Rooms" (Yvi & Chloé), 2007

dimanche 16 octobre 2011

clément chéroux /// photographier la pensée


Photographier la pensée - Clément CHEROUX par centrepompidou

Plus d'un riche parcours universitaire, Clément Chéroux est conservateur pour la photographie au Centre Pompidou (MNAM-CCI), objet sur lequel il porte un regard précis et singulier tout au long des nombreux ouvrages qu'il a publié sur la question. Il posera la question suivante lors de sa prise de parole: Comment photographier la pensée, s'appuyant sur des tentatives historiques, allant de Louis Darget à Armando Salas Portugal. 

samedi 26 mars 2011

laszlo moholy nagy /// films /// Marseille vieux port /// Berliner Stillleben

Dans ce premier film réalisé par Moholy-Nagy, la description documentaire de la vie quotidienne à Marseille débouche sur une étude du célèbre pont-transbordeur qui, pour toute une génération de photographes et de cinéastes, fut l’icône même du modernisme. « Le célèbre pont Transbordeur scintille au milieu du paysage. Il va et vient infatigablement d'une rive à l'autre. Les étrangers admirent sa beauté. Ce pont suspendu est vraiment un miracle technique d'une précision et d'une finesse exceptionnelles. L'élégante construction, dont les barres d'acier soutiennent le pont mobile, offre un spectacle très attirant ; chaque fois on a plaisir à regarder la plate-forme remplie d'hommes partir vers l'autre côté, au-dessus de l'eau ; se balançant et flottant légèrement. »


lundi 27 septembre 2010

Paul Virilio /// Penser la vitesse /// OMNIPOLIS, la ville-monde


Interview de Paul Virilio par Stephane Paoli
envoyé par lageneraledeproduction. - L'info internationale vidéo.

Lorsqu'il entreprit de dénoncer, voici une quinzaine années, le règne ambigu et désintégrateur de la « vitesse », Virilio fut mal compris. Il l'est nettement mieux aujourd'hui. Entre-temps, nous avons pris conscience qu'une logique subliminale gouvernait notre nouveau rapport à la vérité et au monde lui-même. Cette logique est celle d'une vitesse sans cesse augmentée. Dans deux ouvrages, publiés au début des années 1990, Virilio soulignait que la vitesse, non contente d'occuper une place prépondérante dans notre représentation du réel, finirait par constituer le réel lui-même. C'est à peu près fait. Ses réflexions sont en passe de devenir des passages obligés de la réflexion contemporaine. Notre dette à l'égard de Virilio s'en est accrue d'autant. lire la suite

voir aussi: 
Paul Virilio : "Le krach actuel représente l'accident intégral par excellence"

dimanche 26 septembre 2010

Jean Baudrillard et la photographie /// La disparition du monde réel


Vidéo, écran interactif, multimedia, Internet, réalité virtuelle : l'interactivité nous menace de partout. Partout ce qui était séparé est confondu, partout est abolie la distance : entre les sexes, entre les pôles opposés, entre la scène et la salle, entre les protagonistes de l'action, entre le sujet et l'objet, entre le réel et son double. Et cette confusion des termes, cette collision des pôles font que nulle part il n'y a plus de jugement de valeur possible : ni en art, ni en morale, ni en politique. Par l'abolition de la distance, du "pathos de la distance", tout devient indécidable. Jusque dans le domaine physique : la trop grande proximité du récepteur et de la source d'émission crée un effet Larsen qui brouille les ondes. La trop grande proximité de l'événement et de sa diffusion en temps réel crée une indécidabilité, une virtualité de l'événement qui lui ôte sa dimension historique et le soustrait à la mémoire (1.). Partout où opère cette promiscuité, cette collision des pôles, ça fait masse.
lire la suite sur EGS

lundi 13 septembre 2010

lundi 30 mars 2009

Luc Moullet, Cinéaste


illustration: Luc Moullet et Bernadette Laffont dans le film de Luc Moullet, "Le Prestige de la mort" (2007)

Luc Moullet, dont l'oeuvre repose sur une immense culture cinématographique, aborde la réalisation comme le prolongement de son travail de critique. Il devient avec son premier long métrage une sorte de franc-tireur du cinéma français. Ses films, à l'expression décalée, proches du minimalisme, empreints d'un étrange réalisme conceptuel, célèbrent la mort du récit et surtout des genres, comme en témoigne Une aventure de Billy the Kid (1970), western français avec Jean-Pierre Léaud. En plein déferlement du cinéma pornographique, il réalise avec Antonietta Pizzorno Anatomie d'un rapport (1975), qui exalte le plaisir dans le rapport hétérosexuel. Luc Moullet se définit avant tout comme un humoriste. Toujours à cheval entre la fiction et le documentaire, il signe une ironique enquête socio-économique sur l'industrie alimentaire (Genèse d'un repas, 1978), son autobiographie distanciée (Ma première brasse, 1981) et un portrait saugrenu et ironique du monde du travail et du chômage (La Comédie du travail, 1987). Depuis 1984, il réalise un certain nombre de courts-métrages humoristiques qui recueillent l'estime de la critique intellectuelle. Il reste proche des médias, de la communication, il parle de son temps, il observe la société. Tout cela avec douceur et humour, non sans quelque ironie. Il tourne ainsi Imphy, capitale de la France (1995), Le ventre de l'Amérique et L'Odyssée du 16/9ème en 1996. Il est à la fois devant et derrière la caméra dans Nous sommes tous des cafards, en 1996. Il sort en moyenne un court-métrage par an et son oeuvre est toujours présente aujourd'hui, avec Les naufragés de la D17 en 2002. En 2007, il tourne Le prestige de la mort pour lequel il est également scénariste et acteur (il joue son propre rôle). Il tourne aussi Jean-Luc selon Luc (sur le travail de Jean-Luc Godard).








Luc Moullet, "tentatives d'ouverture d'une boîte", 1988, 14'



Luc Moullet, "Genèse d'un repas", 1978, 1h53