samedi 3 avril 2010

André Gunthert /// L'atelier des icones /// La photographie est-elle encore moderne?



André Gunthert Intervention dans le cadre du colloque “Nouvelles perspectives pour les photographes professionnels”, Ecole Louis-Lumière, Paris, 29 mars 2010

Le monde de la photographie éprouve aujourd’hui un paradoxe nouveau. Il a absorbé dans la pratique le choc de la numérisation, sa plus importante mutation technologique depuis l’invention du négatif (Talbot, 1840). Mais il reste fortement attaché à ses symboles traditionnels et montre une résistance surprenante à admettre ou à faire valoir cette évolution dans ses représentations.

Les effets de la numérisation peuvent être expliqués par sa principale caractéristique: la dématérialisation du support. Tout comme la notation écrite a permis la reproduction et la diffusion des messages linguistiques, la transformation de l’image en information la rend indépendante du support matériel, qui n’en est qu’un véhicule temporaire.
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Illustrations : _1 et _2: Musée de l'Elysée, Lausanne, exposition "Tous Photographes!".

dimanche 28 mars 2010

Collecter / Recycler /// Usages de l'archive photographique dans la création contemporaine /// CPIF




Collecter / Recycler: usages de l'archive photographique dans la création contemporaine
Stanislas Amand, John Baldessari, Eric Baudelaire, Pierre Bismuth, Ludovic Burel, documentation céline duval, Mark Geffriaud, Jonathan Monk, Mathieu Pernot.

Le recyclage de l’image photographique comme procédé de création a déjà une longue histoire. Présente dans les collages cubistes et dadaïstes, les travaux des Surréalistes, des Nouveaux Réalistes et des artistes du Pop Art, que ce soit pour s’affranchir des pratiques illusionnistes, pour prendre ses distances avec la notion d’auteur, pour dynamiter les hiérarchies de l’art, pour sa dimension testimoniale et historique ou bien encore pour sa dimension poétique et plastique, l’archive photographique est citée, détournée, interprétée, bref prise comme un readymade, un matériau pour créer une nouvelle oeuvre. Cet usage s’inscrit-il aujourd’hui dans une économie, une société où l’image circule à profusion comme une attitude pour qu’apparaissent des images en moins, des images justes ? C’est l’une des interrogations de l’exposition collective qui prendra place au CPIF.

Illustrations: 1_Mathieu Pernot, Sans titre, extrait de la série «Les Témoins», 2006.Courtesy Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Paris et Galerie Vu, Paris © Mathieu Pernot /// 2_Ludovic Burel, A boy, a Girl and a Machine, 2007, Courtesy Cpif © Ludovic Burel

"Papier photo" /// Galerie Chez Valentin, Paris





Papier Photo est une proposition de Sophie Sophie Berrebi et Frédérique Valentin, comprenant des travaux de Shannon Ebner, Haris Epaminonda, Amy Granat, Pierre Leguillon, Alexandra Leykauf.

Les œuvres des artistes réunis dans “Papier photo” sont traversées par la question du document photographique, objet a priori stable et factuel mais ici poussé vers un brouillage et une illisibilité.
Le point de départ de l’exposition est un projet de recherche sur le document comme forme artistique dans l’art contemporain. Employé dans le photo conceptualisme et les pratiques éphémères des années soixante et soixante-dix, le document redevient central dans le « tournant documentaire » des années 1990. Là comme avant, il est traditionnellement perçu comme une forme non remarquable, plutôt neutre, dont la valeur se situe au niveau du contenu : faits, témoignages, preuves. Mais a l’opposé de ces conceptions, certains artistes voient dans le document une forme, qui sous couvert de n’être qu’un contenu, articule et perpétue des systèmes de distribution du savoir. Ces artistes examinent les conventions de présentation des documents et les pratiques discursives auxquelles ils se rattachent afin de les démanteler et de réfléchir à la production, la circulation et la nature même de savoir. Ce travail critique fait apparaître le document comme une forme instable et équivoque bien plus que comme fait absolu.
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Illustrations: 1_ “IS RISING,” Shannon Ebner, 5 C-prints, 17 7/16 x 77 ¾ inches, 2007, Wallaspace Gallery /// 2_Vue de l’exposition "Papier photo", de gauche à droite: Alexandra Leykauf, Haris Epaminonda, Pierre Leguillon /// 3_Amy Granat, "One and one 2", 2008. Photogram. 56 x 65 cm

Batia Suter /// Parallel Encyclopedia





Parallel Encyclopedia est un ouvrage de l'artiste Hollandaise Batia Suter qui compile un corpus d'images trouvées dans d'autres livres. Par cet aspect de son travail, on peut la rapprocher des artistes travaillant sur des collections, des corpus d'images préexistants -Hans Peter Feldman, Peter Pilar, Céline Duval.
Batia Suter utilise l'espace d'une manière très spécifique, utilisant des impression N&B de très grande taille, qui vont ainsi "couvrir" tout ou partie des murs d'exposition. Elle peut aussi opérer ce recouvrement en saturant les murs de l'espace d'exposition d'images de petits formats placées côte à côte. Ces dispositifs peuvent aussi se retrouver dans l'espace public.
Plus d'informations sur son site

illustrations: 1_"White Bus", 2002, ArToll, Rheinische Landesklinik, Bedburg-Hau (D) ///2_Untitled, 2005, 2.7 x 8.5 m (curtain), Inktjet print on silk /// 3_"Parallel Encyclopedia", 2007, Book containing images from other books, Roma Edition, Amsterdam.

Jochen Lempert /// Ce qui nous regarde




Jochen Lempert guette la présence animale là où elle est la plus furtive : dans l'environnement urbain en particulier. Nombreux sont les oiseaux perdus dans ses images, par exemple, comme cette silhouette fragile et pourtant majestueuse volant près d'un building inhospitalier et qui nous renvoie à notre condition d'habitant précaire.
Jochen Lempert travaille avec la galerie projecteSD à Barcelone
Lire dans particule N°27 "ce qui nous regarde", à propos du travail de Jochen Lempert, par Jens Emil Sennewald ici

illustrations: 1_"Oiseaux-Vögel", 1997-2004, Group of 12 photos, silver gelatin prints 53 x 44 cm each, ed. 6 /// 2_"Transmission I-VI", 2009, 6 b/w photographs, 103,6 x 80,5 cm each, Silver gelatin prints, ed. 5, Installation view, Domaine de Kerguéhennec, Bignan, France, 2009

samedi 23 janvier 2010

Pierre Leguillon présente: "Diane Arbus, rétrospective imprimée 1960-1971" /// Fondation Kadist


L’exposition adopte un point de vue singulier en présentant les pages originales des magazines, qui constituent la première – et parfois la seule – apparition de ces clichés. Elles sont directement exposées au mur. La légende de la photographie, le titre et la date de parution du magazine, figurent presque systématiquement sur la page elle-même, n’appelant donc aucun autre commentaire. La présentation, dénuée d’artifices, statue sur une forme d’anthropologie des images capable d’interroger directement leur circulation et leur économie. Un livret mis à la disposition du public permet par ailleurs de lire un rapide résumé des articles que les photographies viennent illustrer, en les replaçant dans le contexte social ou politique de l’époque, et parfois au sein de l’oeuvre de Diane Arbus.

plus d'informations sur le site de la Kadist Art Fondation

dimanche 17 janvier 2010

Pure Beauty /// John Baldessari /// Tate modern /// MACBA Barcelona






Tate Modern 13 October 2009 – 10 January 2010
MACBA 10 Février - 25 Avril 2010


Based in Los Angeles since the 1960s, John Baldessari (b. 1931) is one of the most influential artists of his generation. Making his name as a pioneer of conceptual art in the 1960s with his text and image paintings, he shocked the art world when he announced in a newspaper that he was cremating all the artworks he had produced between 1953 and 1966. He then turned his attention to photographic works often incorporating found film stills, trawling dumpsters for discarded material from which he created his famous photo-compositions.

Baldessari's lifelong interest in language, both written and visual, has been at the forefront of both his artwork and his teaching, through which, over more than thirty years, he has nurtured and influenced succeeding generations of artists. His work has had a huge influence on Cindy Sherman, David Salle, and Barbara Kruger among others. His works incorporate wit and irony, both mocking conceptual art and delivering it in his iconic work I Am Making Art; superimposing media images and painting with his trademark dots and over-painted figures in The Duress Series; and exploring the idea of subliminal images in advertising in his sequence of ice cubes containing the words of his name, 'U-BUY BAL DES SARI'.

interview (en anglais)

site de la galerie Sprüth Magers Berlin/London

Illustrations:1_John Baldessari "Noses and Ears, Etc (Part Three): Altered Person (Colour) 2007, Archival inkjet print mounted on Sintra, 110.5x161.3x7.6cm /// 2_John Baldessari "Noses and Ears, Etc (Part Three): Altered Person Being Shaved" 2007, Archival inkjet print mounted on Sintra, 128.9x110.5x7.6cm /// courtesy John Baldessari Studio © John Baldessari

samedi 16 janvier 2010

Hubert Blanz /// X-plantation /// Galerie Momentum, Wien




Le photographe comme architecte

Hubert Blanz construit ses images à partir d'images satellite et d'images aériennes.
Ses derniers travaux, les "X-plantations" poursuivent ce cheminement et en viennent logiquement à une remise en question de l'espace perspectiviste, ce derniers n'étant plus adapté à une représentation de ces espaces virtuels.

communiqué de presse en anglais ici
plus d'information sur le site de la galerie Momentum
le site personnel de Hubert Blanz

Illustrations: 1_Hubert Blanz X-Plantation 04, C-Print, Diasec auf Dibond, 100 x 150 cm, 2008 /// 2_Hubert Blanz X-Plantation 03, C-Print, Diasec auf Dibond, 100 x 150 cm, 2008

mercredi 23 décembre 2009

AMERICANA /// Frédéric Roux




Gotham, Ithaca, Ashtabula, Grand Rapids, Petoskey, Marquette, Ashland, Castle Danger, Lutsen, Bemidji, Fargo, Pierre, Kyle, Rapid City, Billings, West Yellowstone, Jackson Hole, Garden City, Wendover, Winnemucca, Auburn, San Francisco, Monterey, San Simeon, Mojave, Las Vegas, Kanab, Page, Bluff, Taos, Santa Fe, Santa Rosa, Amarillo, Oklahoma City, Mount Magazine, Little Rock, Memphis, Nashville, Louisville, Charleston, Elkton, Front Royal, Bethlehem, Brooklyn, Gotham.

voir

Frédéric Roux fut membre de Présence Panchounette (1969-1990)

J’ai raté la finale du 100 mètres aux JO de Pékin (ce serait un Jamaïcain nourri à la ganja qui aurait gagné), il n’était donc pas question que je rate le débat entre les deux candidats à la présidence du monde développé, d’autant plus que j’étais sur place. Enfin presque… pas dans le Mississippi comme quelques bons milliers de journalistes plus ou moins « embedded », mais dans le Minnesota. Plus précisément à Lutsen sur le Lac Supérieur (le plus grand lac du monde, 10% des réserves d’eau douce de la planète), Motel Mountain Inn, chambre 101 (deux lits doubles, smoke free, micro-onde, table-top, free wi-fi, spa, sauna, 110 $ sans les taxes) sur la Highway 61 (Bob Dylan est né pas très loin).
La soirée a mal commencé, des orages ont balayé la région à partir de 19 heures, des orages américains, « bigger than life », une heure avant le débat, tous les faisceaux étaient coupés, mais trois quarts d’heure plus tard, tout était rentré dans l’ordre, les éclairs ont cessé d’illuminer ma chambre et CNN triomphait des éléments.
lire la suite (tout en bas)

Illustrations: 1_Fréderic Roux "Le Roi" (Michigan), 2008 2_Frédéric Roux "Les vedettes" (Tennesse), 2008 /// 3_Frédéric Roux "L'arrière cour" (Kentucky),2008

dimanche 20 décembre 2009

Nonja /// Zoo Schönbrunn, Vienne /// Facebook



Nonja est un orang outan femelle de 33 ans. L'opération est sponsorisée par Samsung, qui prête un appareil de type ST1000. Cette caméra est reliée directement au compte facebook de Nonja par wifi. Comme les ourang-outans sont très forts, l'appareil dispose de protections adaptées. Cet appareil est également équipé d'un distributeur de grains de raisins déclenché à chaque photographie.
Nonja partage un espace de 750 mètres carré avec Sol (13 ans) et Vladimir (35 ans).
la page facebook de Nonja contient toute les photographie



illustration: 1 & 2_Nonja "wall photos facebook", 2009 /// 3_Video de présentation du projet avec Gerald Reitmayr, de Samsung Austria et Alfred Maier, responsable du pavillon de Nonja:

lundi 23 novembre 2009

Bretagne: voyager en couleurs (1907-1929) /// Plaques Autochromes /// Musée Albert Kahn, Boulogne



Au début du XXe siècle, la Bretagne est une région au caractère authentique. Les premiers autochromistes parisiens là découvrent en suivant les guides touristiques. Photographes amateurs, professionnels ou opérateurs des Archives de la Planète, ils vont y expérimenter le procédé autochrome inventé en 1907. Les photographies en couleurs véritables qu’ils rapportent illustrent des sites célèbres, des paysages maritimes, des scènes de la vie rurale ou des cérémonies religieuses. L'exposition regroupera 135 photographies et des films, issus des collections du musée Albert-Kahn ainsi que d’autres fonds pour un voyage inédit sur les terres de Bretagne.
plus d'information sur le site spécifique de l'exposition

L'exposition est présentée par Nathalie Boulouch. Historienne de l’art contemporain, Nathalie Boulouch est maîtresse de conférences à l’université Rennes 2 Haute-Bretagne. Elle est vice-présidente de la Société française de photographie, secrétaire générale des Archives de la critique d’art, membre du comité de rédaction des revues Etudes photographiques et Critique d’art.
Nathalie Boulouch est une spécialiste de la photographie couleur.Elle prépare un ouvrage sur la photographie couleur au XXeme siècle, à paraître aux éditions Textuel.

Illustrations: 1_ "La Grande Troménie - Reposoir Ecce Homo", Locronan (Finistère), 14-21 juillet 1929. Autochrome de Roger Dumas, Inv. A 60370. © Musée Albert-Kahn – Département des Hauts-de-Seine /// 2_ "Bigouden en costume de jeune marié", Penmarc’h (Finistère), 29 février 1920. Autochrome de Georges Chevalier, Inv. A 20287. © Musée Albert-Kahn – Département des Hauts-de-Seine

dimanche 22 novembre 2009

Jan Kempenaers /// Spomenik: The End of History /// Crown Gallery, Bruxelles



Dans le cadre de son projet « Spomenik: The End of History » (spomenik: "mémorial" en Serbo-Croate), Jan Kempenaers (né en 1968, vit à Anvers) a photographié en ex-Yougoslavie bon nombre de monuments érigés à la mémoire des batailles de la seconde guerre mondiale par l’ancien régime communiste. Ces constructions surprennent par leurs lignes spectaculaires et futuristes, leur plasticité et leur étonnante intégration au paysage.

plus d'information Crown Gallery, Bruxelles

Illustrations: 1_Jan Kempenaers "Spomenik #5", 2007, color photograph, 101 cm X 124 cm, 2_Jan Kempenaers "Spomenik #1", 2007, color photograph, 101 cm X 124 cm, courtesy Crown Gallery

dimanche 1 novembre 2009

Sascha Weidner /// Museum für Photographie Braunschweig /// Paris Photo 2009




L'exposition de Sascha Weidner (1976, Allemagne) s'intitule "Was übrig bleibt" (quand il ne reste rien d'autre à faire). Weidner génère des flux d'images articulés en sous-ensembles aux titres évocateurs: "Beauty Remains", "Don't Cry", "In Search Of Arcadia"... évoquant une innocence perdue, une quête toujours renouvelée de la beauté. Il présente ces flux sous diverses formes. Si à Braunschweig, il s'agissait de tirages de petites taille répartis sur toute la hauteur du mur avec un système d'étagères, ses expositions en galerie montrent plutôt des assemblages d'une dizaine de tirages de format, de sujet différents, non alignés. Il affirme ainsi une musicalité de l'accrochage, dont la figure fondatrice pourrait être John Baldessari. Dans la manière dont les images sont générées, il prend en compte les pratiques modernes involontaires de la photographie amateur pour les reprendre à son compte (contrejour, erreur de cadrage, etc...). Le résultat est très libre, prenant tantôt la forme d'un diaporama, tantôt d'un assemblage à l'intérieur d'un seul encadrement. La notion de "style" d'accrochage est chaque fois modifiée, soulignant par là qu'il ne souhaite pas être cantonné à un type de préoccupation. Le travail de Sascha Weidner sera présenté à Paris Photo 2009 sur la stand de la galerie Toni Tapies, de Barcelone

Plus d'info sur son site, très précis

illustrations: 1_vue d'exposition au Musée de la Photographie de Braunschweig, Allemagne 2_Sascha Weidner "new stuff" (extract), 2009 3_Sascha Weidner "Beauty Remains" (extract), courtesy galery Conrads

Boris Mikhailov /// Braunschweig /// Steidl verlag



le 27 Octobre, Boris Mikhailov a présenté en avant première au Centre de la Photographie de Genève la maquette de son livre "Braunschweig". Ce projet comprend plusieurs sous-ensembles, comme une redoutable série de portraits de profil, ainsi que les "bus-stop", et d'autres travaux de mise en scène réalisés dans des chambres d'hôtel.
Boris Mikhailov est né en 1938 en Ukraine. Il a travaillé en et sur l'union soviétique et les républiques socialistes, puis sur leur dislocation. Il revient aujourd'hui en travaillant une petite ville Allemande de Basse-Saxe, mettant en avant le caractère provincial de cette cité, comme dans la série des "bus-stop".
Il semble que pour Mikhailov, la situation provinciale de Braunschweig lui permette de parler de choses beaucoup plus large, mettant ainsi en parrallèle "local" et "global".

Au delà de la question de "l'homo sovieticus", Boris Mikhailov apparaît comme un artiste complet, dont les préoccupations vont bien au delà d'une situation politique subie. Il nous parle du corps de l'individu dans le corps social, de la violence de ces rapport sociaux, pour nous livrer des photographies, des collages, où la part écrite revêt une grande importance.
En attendant ce livre, plus d'information sur ses travaux antérieurs sur le site de la galerie Suzanne Tarasiève
illustration: Série : 1_Boris Mikhailov Yesterday's Sandwich 1960/70, C-Print, 89 x 130 cm /// 2_Boris Mikhailov, from his new book "Maquette Braunschweig“ (Steidl Verlag), 2008/ 2009, Courtesy Galerie Barbara Weiss, Berlin

vendredi 2 octobre 2009

La subversion des images /// Surrealisme, Photographie, Film /// Centre Pompidou





Au Centre Pompidou, une exposition passionnante explore les multiples usages et techniques employés par ce mouvement artistique pour modifier le regard

"Rien n'est venu donner autant raison au Surréalisme que la photographie" Salvador Dali


Critique de Muriel Berthou Crestey:

Jusqu’au 11 janvier, la cohésion de près de 400 œuvres habilement rassemblées sous le dénominateur commun d’une sédition iconographique, révèle la prodigalité des collections du Centre Pompidou, exceptionnellement accompagnées par certains fonds internationaux jusqu’alors inédits. Phares et chevilles ouvrières plus confidentielles de l’image s’y rencontrent. « La table de montage » est au cœur de cette révolution pourtant mâtinée d’un esprit de filiation avec les productions antérieures. Provoquant à coup sûr « l’étincelle » évoquée dans le Manifeste de 1924, les rapprochements font jaillir une « lumière particulière, (celle de) l’image, à laquelle nous nous montrons infiniment sensibles ».

L’espace métamorphosé de la galerie 2 renouvelle la magie des installations labyrinthiques dont André Breton semblait avoir le secret, en conciliant une réflexion approfondie sur la circulation des images à celle du spectateur. Un fil rouge - d’Ariane ? - fédère les neuf sections thématiques autour des multiples usages de l’image photographique, en symbiose avec le cinéma (de Man Ray, G. Dulac, L. Bunuel…).

Immédiatement, les titres palimpsestes dévoilent l’un des partis pris affichés de l’exposition : celui de nous inviter à passer « de l’autre côté du miroir » des apparences ; et mettre à l’épreuve les clichés du surréalisme. Le double du texte inversé apparaît sous forme d’ombre comme pour évoquer la métaphore freudienne de l’ardoise magique (où reste en partie visible la trace atténuée du graphisme passé) associée à l’inconscient. Déjà est-il question de l’écriture automatique et des circonvolutions de l’imaginaire ayant inspirées les superbes clichés d’Eileen Agar qui change, telle Circé, le rocher en lapin.

lire la suite de la critique de Muriel Berthou Crestey sur ViteVu

VIDEO Interview des commissaires

Illustrations: 1_Plan de l'exposition /// 2_Man Ray "Explosante fixe", 1934, Photographie publiée dans Minotaure n°5, 1934 et reprise dans André Breton, L’Amour fou, Paris, Gallimard, 1937, 22,8 x 17,8 cm /// 3_Paul Nougé "La Jongleuse", de la série « Subversion des images », 1929-1930 , 20 x 20 cm