samedi 23 janvier 2010
Pierre Leguillon présente: "Diane Arbus, rétrospective imprimée 1960-1971" /// Fondation Kadist
L’exposition adopte un point de vue singulier en présentant les pages originales des magazines, qui constituent la première – et parfois la seule – apparition de ces clichés. Elles sont directement exposées au mur. La légende de la photographie, le titre et la date de parution du magazine, figurent presque systématiquement sur la page elle-même, n’appelant donc aucun autre commentaire. La présentation, dénuée d’artifices, statue sur une forme d’anthropologie des images capable d’interroger directement leur circulation et leur économie. Un livret mis à la disposition du public permet par ailleurs de lire un rapide résumé des articles que les photographies viennent illustrer, en les replaçant dans le contexte social ou politique de l’époque, et parfois au sein de l’oeuvre de Diane Arbus.
plus d'informations sur le site de la Kadist Art Fondation
dimanche 17 janvier 2010
Pure Beauty /// John Baldessari /// Tate modern /// MACBA Barcelona


Tate Modern 13 October 2009 – 10 January 2010
MACBA 10 Février - 25 Avril 2010
Based in Los Angeles since the 1960s, John Baldessari (b. 1931) is one of the most influential artists of his generation. Making his name as a pioneer of conceptual art in the 1960s with his text and image paintings, he shocked the art world when he announced in a newspaper that he was cremating all the artworks he had produced between 1953 and 1966. He then turned his attention to photographic works often incorporating found film stills, trawling dumpsters for discarded material from which he created his famous photo-compositions.
Baldessari's lifelong interest in language, both written and visual, has been at the forefront of both his artwork and his teaching, through which, over more than thirty years, he has nurtured and influenced succeeding generations of artists. His work has had a huge influence on Cindy Sherman, David Salle, and Barbara Kruger among others. His works incorporate wit and irony, both mocking conceptual art and delivering it in his iconic work I Am Making Art; superimposing media images and painting with his trademark dots and over-painted figures in The Duress Series; and exploring the idea of subliminal images in advertising in his sequence of ice cubes containing the words of his name, 'U-BUY BAL DES SARI'.
interview (en anglais)
site de la galerie Sprüth Magers Berlin/London
Illustrations:1_John Baldessari "Noses and Ears, Etc (Part Three): Altered Person (Colour) 2007, Archival inkjet print mounted on Sintra, 110.5x161.3x7.6cm /// 2_John Baldessari "Noses and Ears, Etc (Part Three): Altered Person Being Shaved" 2007, Archival inkjet print mounted on Sintra, 128.9x110.5x7.6cm /// courtesy John Baldessari Studio © John Baldessari
samedi 16 janvier 2010
Hubert Blanz /// X-plantation /// Galerie Momentum, Wien


Le photographe comme architecte
Hubert Blanz construit ses images à partir d'images satellite et d'images aériennes.
Ses derniers travaux, les "X-plantations" poursuivent ce cheminement et en viennent logiquement à une remise en question de l'espace perspectiviste, ce derniers n'étant plus adapté à une représentation de ces espaces virtuels.
communiqué de presse en anglais ici
plus d'information sur le site de la galerie Momentum
le site personnel de Hubert Blanz
Illustrations: 1_Hubert Blanz X-Plantation 04, C-Print, Diasec auf Dibond, 100 x 150 cm, 2008 /// 2_Hubert Blanz X-Plantation 03, C-Print, Diasec auf Dibond, 100 x 150 cm, 2008
mercredi 23 décembre 2009
AMERICANA /// Frédéric Roux
Gotham, Ithaca, Ashtabula, Grand Rapids, Petoskey, Marquette, Ashland, Castle Danger, Lutsen, Bemidji, Fargo, Pierre, Kyle, Rapid City, Billings, West Yellowstone, Jackson Hole, Garden City, Wendover, Winnemucca, Auburn, San Francisco, Monterey, San Simeon, Mojave, Las Vegas, Kanab, Page, Bluff, Taos, Santa Fe, Santa Rosa, Amarillo, Oklahoma City, Mount Magazine, Little Rock, Memphis, Nashville, Louisville, Charleston, Elkton, Front Royal, Bethlehem, Brooklyn, Gotham.
voir
Frédéric Roux fut membre de Présence Panchounette (1969-1990)
J’ai raté la finale du 100 mètres aux JO de Pékin (ce serait un Jamaïcain nourri à la ganja qui aurait gagné), il n’était donc pas question que je rate le débat entre les deux candidats à la présidence du monde développé, d’autant plus que j’étais sur place. Enfin presque… pas dans le Mississippi comme quelques bons milliers de journalistes plus ou moins « embedded », mais dans le Minnesota. Plus précisément à Lutsen sur le Lac Supérieur (le plus grand lac du monde, 10% des réserves d’eau douce de la planète), Motel Mountain Inn, chambre 101 (deux lits doubles, smoke free, micro-onde, table-top, free wi-fi, spa, sauna, 110 $ sans les taxes) sur la Highway 61 (Bob Dylan est né pas très loin).
La soirée a mal commencé, des orages ont balayé la région à partir de 19 heures, des orages américains, « bigger than life », une heure avant le débat, tous les faisceaux étaient coupés, mais trois quarts d’heure plus tard, tout était rentré dans l’ordre, les éclairs ont cessé d’illuminer ma chambre et CNN triomphait des éléments.
lire la suite (tout en bas)
Illustrations: 1_Fréderic Roux "Le Roi" (Michigan), 2008 2_Frédéric Roux "Les vedettes" (Tennesse), 2008 /// 3_Frédéric Roux "L'arrière cour" (Kentucky),2008
dimanche 20 décembre 2009
Nonja /// Zoo Schönbrunn, Vienne /// Facebook


Nonja est un orang outan femelle de 33 ans. L'opération est sponsorisée par Samsung, qui prête un appareil de type ST1000. Cette caméra est reliée directement au compte facebook de Nonja par wifi. Comme les ourang-outans sont très forts, l'appareil dispose de protections adaptées. Cet appareil est également équipé d'un distributeur de grains de raisins déclenché à chaque photographie.
Nonja partage un espace de 750 mètres carré avec Sol (13 ans) et Vladimir (35 ans).
la page facebook de Nonja contient toute les photographie
illustration: 1 & 2_Nonja "wall photos facebook", 2009 /// 3_Video de présentation du projet avec Gerald Reitmayr, de Samsung Austria et Alfred Maier, responsable du pavillon de Nonja:
lundi 23 novembre 2009
Bretagne: voyager en couleurs (1907-1929) /// Plaques Autochromes /// Musée Albert Kahn, Boulogne


Au début du XXe siècle, la Bretagne est une région au caractère authentique. Les premiers autochromistes parisiens là découvrent en suivant les guides touristiques. Photographes amateurs, professionnels ou opérateurs des Archives de la Planète, ils vont y expérimenter le procédé autochrome inventé en 1907. Les photographies en couleurs véritables qu’ils rapportent illustrent des sites célèbres, des paysages maritimes, des scènes de la vie rurale ou des cérémonies religieuses. L'exposition regroupera 135 photographies et des films, issus des collections du musée Albert-Kahn ainsi que d’autres fonds pour un voyage inédit sur les terres de Bretagne.
plus d'information sur le site spécifique de l'exposition
L'exposition est présentée par Nathalie Boulouch. Historienne de l’art contemporain, Nathalie Boulouch est maîtresse de conférences à l’université Rennes 2 Haute-Bretagne. Elle est vice-présidente de la Société française de photographie, secrétaire générale des Archives de la critique d’art, membre du comité de rédaction des revues Etudes photographiques et Critique d’art.
Nathalie Boulouch est une spécialiste de la photographie couleur.Elle prépare un ouvrage sur la photographie couleur au XXeme siècle, à paraître aux éditions Textuel.
Illustrations: 1_ "La Grande Troménie - Reposoir Ecce Homo", Locronan (Finistère), 14-21 juillet 1929. Autochrome de Roger Dumas, Inv. A 60370. © Musée Albert-Kahn – Département des Hauts-de-Seine /// 2_ "Bigouden en costume de jeune marié", Penmarc’h (Finistère), 29 février 1920. Autochrome de Georges Chevalier, Inv. A 20287. © Musée Albert-Kahn – Département des Hauts-de-Seine
dimanche 22 novembre 2009
Jan Kempenaers /// Spomenik: The End of History /// Crown Gallery, Bruxelles


Dans le cadre de son projet « Spomenik: The End of History » (spomenik: "mémorial" en Serbo-Croate), Jan Kempenaers (né en 1968, vit à Anvers) a photographié en ex-Yougoslavie bon nombre de monuments érigés à la mémoire des batailles de la seconde guerre mondiale par l’ancien régime communiste. Ces constructions surprennent par leurs lignes spectaculaires et futuristes, leur plasticité et leur étonnante intégration au paysage.
plus d'information Crown Gallery, Bruxelles
Illustrations: 1_Jan Kempenaers "Spomenik #5", 2007, color photograph, 101 cm X 124 cm, 2_Jan Kempenaers "Spomenik #1", 2007, color photograph, 101 cm X 124 cm, courtesy Crown Gallery
dimanche 1 novembre 2009
Sascha Weidner /// Museum für Photographie Braunschweig /// Paris Photo 2009



L'exposition de Sascha Weidner (1976, Allemagne) s'intitule "Was übrig bleibt" (quand il ne reste rien d'autre à faire). Weidner génère des flux d'images articulés en sous-ensembles aux titres évocateurs: "Beauty Remains", "Don't Cry", "In Search Of Arcadia"... évoquant une innocence perdue, une quête toujours renouvelée de la beauté. Il présente ces flux sous diverses formes. Si à Braunschweig, il s'agissait de tirages de petites taille répartis sur toute la hauteur du mur avec un système d'étagères, ses expositions en galerie montrent plutôt des assemblages d'une dizaine de tirages de format, de sujet différents, non alignés. Il affirme ainsi une musicalité de l'accrochage, dont la figure fondatrice pourrait être John Baldessari. Dans la manière dont les images sont générées, il prend en compte les pratiques modernes involontaires de la photographie amateur pour les reprendre à son compte (contrejour, erreur de cadrage, etc...). Le résultat est très libre, prenant tantôt la forme d'un diaporama, tantôt d'un assemblage à l'intérieur d'un seul encadrement. La notion de "style" d'accrochage est chaque fois modifiée, soulignant par là qu'il ne souhaite pas être cantonné à un type de préoccupation. Le travail de Sascha Weidner sera présenté à Paris Photo 2009 sur la stand de la galerie Toni Tapies, de Barcelone
Plus d'info sur son site, très précis
illustrations: 1_vue d'exposition au Musée de la Photographie de Braunschweig, Allemagne 2_Sascha Weidner "new stuff" (extract), 2009 3_Sascha Weidner "Beauty Remains" (extract), courtesy galery Conrads
Boris Mikhailov /// Braunschweig /// Steidl verlag


le 27 Octobre, Boris Mikhailov a présenté en avant première au Centre de la Photographie de Genève la maquette de son livre "Braunschweig". Ce projet comprend plusieurs sous-ensembles, comme une redoutable série de portraits de profil, ainsi que les "bus-stop", et d'autres travaux de mise en scène réalisés dans des chambres d'hôtel.
Boris Mikhailov est né en 1938 en Ukraine. Il a travaillé en et sur l'union soviétique et les républiques socialistes, puis sur leur dislocation. Il revient aujourd'hui en travaillant une petite ville Allemande de Basse-Saxe, mettant en avant le caractère provincial de cette cité, comme dans la série des "bus-stop".
Il semble que pour Mikhailov, la situation provinciale de Braunschweig lui permette de parler de choses beaucoup plus large, mettant ainsi en parrallèle "local" et "global".
Au delà de la question de "l'homo sovieticus", Boris Mikhailov apparaît comme un artiste complet, dont les préoccupations vont bien au delà d'une situation politique subie. Il nous parle du corps de l'individu dans le corps social, de la violence de ces rapport sociaux, pour nous livrer des photographies, des collages, où la part écrite revêt une grande importance.
En attendant ce livre, plus d'information sur ses travaux antérieurs sur le site de la galerie Suzanne Tarasiève
illustration: Série : 1_Boris Mikhailov Yesterday's Sandwich 1960/70, C-Print, 89 x 130 cm /// 2_Boris Mikhailov, from his new book "Maquette Braunschweig“ (Steidl Verlag), 2008/ 2009, Courtesy Galerie Barbara Weiss, Berlin
vendredi 2 octobre 2009
La subversion des images /// Surrealisme, Photographie, Film /// Centre Pompidou



Au Centre Pompidou, une exposition passionnante explore les multiples usages et techniques employés par ce mouvement artistique pour modifier le regard
"Rien n'est venu donner autant raison au Surréalisme que la photographie" Salvador Dali
Critique de Muriel Berthou Crestey:
Jusqu’au 11 janvier, la cohésion de près de 400 œuvres habilement rassemblées sous le dénominateur commun d’une sédition iconographique, révèle la prodigalité des collections du Centre Pompidou, exceptionnellement accompagnées par certains fonds internationaux jusqu’alors inédits. Phares et chevilles ouvrières plus confidentielles de l’image s’y rencontrent. « La table de montage » est au cœur de cette révolution pourtant mâtinée d’un esprit de filiation avec les productions antérieures. Provoquant à coup sûr « l’étincelle » évoquée dans le Manifeste de 1924, les rapprochements font jaillir une « lumière particulière, (celle de) l’image, à laquelle nous nous montrons infiniment sensibles ».
L’espace métamorphosé de la galerie 2 renouvelle la magie des installations labyrinthiques dont André Breton semblait avoir le secret, en conciliant une réflexion approfondie sur la circulation des images à celle du spectateur. Un fil rouge - d’Ariane ? - fédère les neuf sections thématiques autour des multiples usages de l’image photographique, en symbiose avec le cinéma (de Man Ray, G. Dulac, L. Bunuel…).
Immédiatement, les titres palimpsestes dévoilent l’un des partis pris affichés de l’exposition : celui de nous inviter à passer « de l’autre côté du miroir » des apparences ; et mettre à l’épreuve les clichés du surréalisme. Le double du texte inversé apparaît sous forme d’ombre comme pour évoquer la métaphore freudienne de l’ardoise magique (où reste en partie visible la trace atténuée du graphisme passé) associée à l’inconscient. Déjà est-il question de l’écriture automatique et des circonvolutions de l’imaginaire ayant inspirées les superbes clichés d’Eileen Agar qui change, telle Circé, le rocher en lapin.
lire la suite de la critique de Muriel Berthou Crestey sur ViteVu
VIDEO Interview des commissaires
Illustrations: 1_Plan de l'exposition /// 2_Man Ray "Explosante fixe", 1934, Photographie publiée dans Minotaure n°5, 1934 et reprise dans André Breton, L’Amour fou, Paris, Gallimard, 1937, 22,8 x 17,8 cm /// 3_Paul Nougé "La Jongleuse", de la série « Subversion des images », 1929-1930 , 20 x 20 cm
vendredi 18 septembre 2009
Jean-Christian Bourcart /// Camden, New Jersey /// American crisis


C’est absurde, mais j'ai juste cherché sur le Web la ville la plus dangereuse des États-Unis.
Je voulais retrouver cette étrange énergie qui se dégage des lieux où les règles et les contraintes sociales sont abolies ou affaiblies. Un sentiment de liberté mêlé à l'excitation du danger. Je voulais m’assurer qu’il est encore possible d’aller vers les autres, si éloignés, si étrangers qu’il nous paraissent.
En tête de liste, j'ai trouvé Camden, New Jersey, à deux heures de New York. En y allant, j'ai découvert le visage de la pauvreté ordinaire cachée derrière les stigmatisations et les stéréotypes. Les gens sont durs, mais les rires sont sincères, et quand je me suis fait braquer par une prostituée, elle m'a rendu dix dollars pour ne pas me laisser dans le pétrin.
La ville a deux plans superposés, entremêlés, intriqués, l'un évident, géométrique, celui des rues, des voitures, des rares boutiques et des usines toxiques. L'autre est celui des sentiers tortueux entre les maisons éventrées et brûlées utilisées pour se défoncer ou pour le sexe.
Au début, je photographiais les junkies dans la rue pour deux dollars la séance. Et puis j'ai rencontré Suprême, que je paie 20 dollars chaque fois qu'il m'introduit dans une maison. Pendant que je shoote, il baratine les gens, prétendant être un étudiant en art ou un flic en civil. Un jour, je lui ai demandé s’il avait déjà fait de la prison; 17 ans pour meurtre me répondit-il.
J'y retourne régulièrement, ramenant et distribuant les photos déjà prises. Je suis fièrement devenu une sorte de photographe de quartier dont les œuvres sont accrochées au-dessus de la télé.
Je suis intéressé par ce que nous avons en commun avec les gens de Camden. Mais à la fois, on photographie toujours une différence et je me demande à quoi ça sert de rajouter du spectacle au spectacle. Peut-être qu’il s'agit de produire des preuves matérielles au sujet de la grosse machine économique et sociale qui nous embrasse et nous répudie. Comment on détermine la vérité - et ce qu’on en fait - est à la base de toutes les luttes sociales et politiques.
le site de Jean-Christian Bourcart
d'autres images ici
Illustrations: 1 et 2, Jean-Christian Bourcart, "Camden, New Jersey", extrait, 2008-2009, tous droits réservés, Jean-Christian Bourcart
lundi 14 septembre 2009
Clément Chéroux /// Diplopie. L'image photographique à l'ère des medias globalisés: essai sur le 11 septembre


Pourquoi n’avons-nous retenu du 11-septembre, l’événement le plus photographié de l’histoire, que quelques images, répétées en boucle ? Dans un ouvrage à la fois riche et concis, Clément Chéroux, historien de la photographie et conservateur au Centre Pompidou, décortique ce « paradoxe du 11 septembre ».
Il existe peu de livres sur le 11-septembre. Depuis 2001, on trouve à foison dans les librairies des ouvrages sur Al Quaida et Ben Laden, le terrorisme en général et la menace islamiste en particulier, ou bien encore des récits de survivants ou des romans librement inspirés des événements de ce matin de septembre. Mais les essais offrant une analyse approfondie et circonstanciée des attentats du 11-septembre en eux-mêmes, de ce qui nous est arrivé ce jour-là, restent singulièrement rares, même huit ans après. Le livre que nous offre aujourd’hui Clément Chéroux, historien de la photographie et conservateur au Centre Pompidou est d’autant plus précieux.
Son titre, Diplopie, n’indique pas d’emblée que l’on a entre les mains un livre sur le 11-septembre. De même, il faut un instant de réflexion pour s’apercevoir que la couverture est une photographie en gros plan d’une des tours du World Trade Center… Diplopie est en fait un terme emprunté au vocabulaire de l’ophtalmologie, qui désigne « un trouble fonctionnel de la vision qui se traduit par la perception de deux images pour un seul objet ». Voir double, en somme. Le terme résume à merveille l’objet des recherches auxquelles s’est consacré Clément Chéroux lors d’un séjour à l’Université de Princeton. Il y a passé méthodiquement en revue la presse américaine et internationale des 11 et 12 septembre 2001, dans le but de comprendre pourquoi, en regardant les photographies du 11-septembre publiées dans la presse, nous avons eu l’impression de voir double. Une telle impression peut correspondre à deux sentiments distincts, autour desquels s’articulent les deux parties du livre : le sentiment de mise en boucle et celui de déjà-vu.
lire la suite sur la vie des idées
Illustrations: 1_couvertures de quotidiens Américains du 12 Septembre 2009. plus d'infos ici
2_couverture du livre Clément Chéroux, Diplopie. L’image photographique à l’ère des médias globalisés : essai sur le 11 septembre 2001, Cherbourg-Octeville, Le Point du Jour, 2009. 136 p., 65 illustrations, 20 €.
jeudi 3 septembre 2009
Les belles images de Taroop & Glabel /// Galerie Sémiose, Paris


Communiqué de presse de la galerie:
Pour cette nouvelle exposition, le collectif d’artiste Taroop & Glabel présentera une sélection d’images des plus pertinente issues de son fonds iconographique constitué par les artistes au fil des années.
Pour le plus grand bonheur de tous.
Réalisée avec le concours de la presse régionale, cette sélection intitulée « Les belles images de Taroop & Glabel » réutilise une quarantaine d’images légendées, simplement extraites des journaux quotidiens. « Garanties sans retouche et sans recadrage », images et légendes n’ont pas été modifiées, ni interverties, mais seulement agrandies « pour assurer une plus grande lisibilité ». Leur autonomie, ces images l’ont incontestablement constituée sur la radicalité
d’un geste artistique qui donne simplement à voir. À voir mais aussi à s’amuser de cette foire aux vanités, aux vieilles illusions et aux fausses gloires par lesquelles, depuis la nuit des temps on se voile le réel.
Fondé au début de la décennie 90, le collectif Taroop & Glabel s’est fait une spécialité de l’observation amusée du monde qui l’entoure. Il sait prendre garde, surtout, aux formes nouvelles qu’emprunte aujourd’hui cet éternel penchant qui est en l’homme de s’abuser lui-même et d’abuser son prochain : société de consommation, société des loisirs, société du spectacle ; règne de la publicité, des parcs d’attractions et du journal télévisé. Tout coïncide ici dans un même éclat de rire, féroce, et pour que vacillent les idoles.
Cette exposition de Taroop & Glabel sera l’occasion de rééditer « Aucune photo ne peut rendre la beauté de ce décor ». Un livre d’artiste dont le titre résume tout l’enjeu de la lutte. L’ennemi est ici directement désigné : la bêtise, sous toutes ses formes. La bêtise au travers de toutes ses manifestations, au travers de ses multiples actualisations. Un titre qui fait trou dans ce trop plein d’évidence, dans ce trop plein d’assurance qui sont devenus, plus que jamais, la caractéristique de notre temps.
exposition du 4 septembre au 3 octobre 2009
plus d'informations: galerie Semiose
L'instinct de modules: texte de François Coadou sur Taroop et glabel
texte d'Emmanuel Latreille sur Taroop et Glabel
Illustrations: 1_ Taroop & Glabel, "Qui peut bien voler ainsi les portails ?", 2009 Impression pigmentaire sur papier; 47 x 57 cm /// 2_Taroop & Glabel, "Aucune photo ne peut rendre la beauté de ce décor", 2009, Impression pigmentaire sur papier; 47 x 57 cm
courtesy galerie Semiose et Taroop et Glabel
jeudi 9 juillet 2009
Cieslik und Schenk /// IF AND ONLY IF /// Computer Generated Photography /// Galerie Catherine Bastide


Le rapport entre la photographie en tant que médium apte à représenter fidèlement le monde et les conditions de la perception via un support a été exploré sous différents angles. Pour éviter le brouillage de l’objet visé, Cieslik et Schenk construisent et produisent leurs images par le seul biais de l’ordinateur. Ils inventent littéralement leurs images, non seulement par la représentation d’un motif mais aussi par la mise en place d’installations visant à donner l’illusion d’un réel travail photographique. Le temps nécessaire à la minutieuse élaboration de ces œuvres leur confère netteté, intensité et consistance, bien qu’elles semblent de prime abord relever plutôt de l’accident.
Cieslik et Schenk, avec leurs tirages lambda aux petits formats soigneusement encadrés, ne se contentent pas de récréer une image photographique : ils sondent le potentiel discursif des corrélations entre image et support. En amenant le regardeur vers l’image suivant une approche faussement dilettante et des motifs a priori banals, ils le privent de tout éclaircissement d’ordre factuel quant aux sujets représentés. Mais on en découvre davantage que ce qu’il y a à voir. En prenant conscience que nous regardons des bribes de réalité, semblables à des photos mais qui ne correspondent précisément à rien de ce qui nous entoure, nous nous concentrons sur la « grammaire » du langage pictural. Le recours à des éléments fictifs nous dévoile notre penchant à suivre la logique interne propre à toute image.
lire la suite sur le site de la galerie Catherine Bastide
Illustrations: 1_ Cieslik et Schenk "DGM 19:12, untitled" , 2008, Lambda print - 40,5 x 56,5 cm 2_Cieslik et Schenk "GMC 09:23, untitled", 2007, Lambda print - 85 x 68 cm / 120 x 100 cm framed
jeudi 2 juillet 2009
Arnold Odermatt /// En service /// Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois


De 1948 jusqu’à l’âge de sa retraite officielle dans les années 90’, Arnold Odermatt fut employé comme policier « au trafic » dans le petit canton suisse de Nidwalen où il vit toujours. Entouré de montagnes et longtemps isolé par un grand lac, ce magnifique paysage allait être pendant près de quarante ans le témoin et la toile de fond de centaines de photographies : accidents, routes, mais aussi petites villes, coéquipiers dans l’exercice de leurs fonctions, portraits… L’agent Odermatt prenait une série de photographies pour compléter ses rapports écrits mais toujours aussi une autre série pour lui même. Si les raisons profondes d’une telle pratique demeurent mystérieuses, la qualité et la beauté de ces photographies n’en sont pas moins saisissantes.
L’histoire veut qu’un jour, Harald Szeeman entrant dans la petite station de police du canton remarqua les photographies sur le mur et décida d’exposer une série de ces accidents lors de la Biennale de Venise de 2001.
Certes, l’accident apparaît comme un thème prédominant, mais les images d’Odermatt n’en demeurent pas moins étrangement dénuées de toute violence ou de blessure. Dans nombre de ces images, de sculpturales épaves peuplent un paysage calme et serein.
lire la suite sur le site de la galerie vallois
le site de Arnold Odermatt
illustrations: 1_Arnold Odermatt, Oberdorf, 1965, silver-gelatin print, 19 x 19 inches 2_ Arnold Odermatt, Hergiswil, 50 X 50 cm, 1982
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