vendredi 3 février 2012

TORBJØRN RØDLAND /// Before Behind Above Below galerie Air de Paris





A l’occasion de sa quatrième exposition à Air de Paris, Torbjørn RØDLAND présente une série de tirages argentiques noir et blanc résultant de plusieurs expositions chacun. Le titre de l’exposition renvoie à la complication et à la violation de l’espace pictural que ce procédé d’exposition multiple réalise, sans la moindre manipulation numérique de l’image. Loin de seulement remettre en cause le réalisme du médium, ce procédé est emprunt d’une dimension mystique – thème récurrent de près de dix ans de productions de l’artiste. Car l’étrangeté est bien le premier effet que produisent sur les spectateurs ces images jamais vues, elles évoquent un effet certain de disparition, une paradoxale une impression d’effacement. Mais c’est vrai qu’elles se situent à la fois avant, derrière, dessus et dessous toute possibilité d’image.


illustrations: 1_ Torbjorn Rodland (Before Behind above Below) Highlighters, 2011, 35x28cm. (framed) selenium toned silver gelatin print, ed. 2/3 /// 2_  Torbjorn Rodland (Before Behind above Below) Fractured, 2011, 57x45cm. (framed) selenium toned silver gelatin print, ed. 1/3

Yves Trémorin /// La dérivée Mexicaine et électronogrammes /// CPIF







Traduire les mythes historiques et contemporains de la culture mexicaine, les
faire affleurer visuellement, c’est ce que proposent les photographies d’Yves Trémorin,
sensuelles, chatoyantes, mais aussi crues et violentes.
En 2009, lors d’une résidence au Mexique , Yves Trémorin - figure historique de la scène
artistique française -  entreprend une collection d’images, une forme d’inventaire quasi
surréaliste qui interroge les persistances culturelles – ancestrales -  dans le Mexique
contemporain. Par la représentation photographique et à travers la spécificité des corps,
de l’animal ou de l’objet prélevés du quotidien, la dérivée d’Yves Trémorin convoque
des figures symboliques qui traversent les différentes strates de la culture mexicaine.
Usant d’un vocabulaire visuel, mis en place dans les années quatre-vingt et longtemps
qualifié d’esthétique du banal (gros plan, éclairage cru, cadrage serré, netteté et style
descriptif quasi scientifique), il tente là une traduction poétique et percutante des mythes
mexicains.
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à noter qu'Yves Trémorin présente aussi ses"électronogrammes" à la galerie Michelle Chomette


les "Soleils Noirs" d'Yves Trémorin nous conduisent dans un autre monde, celui des "électronogrammes" et dans l'ère du post-photographique. Fort de ses études supérieures de mathématiques en analyse informatique et avec l'aide du laboratoire de l'IUT de Bourges dirigé par Jean-Pierre Martin, Yves Trémorin accapare ici les immenses potentialités des images scientifiques dont les significations échappent la plupart du temps aux non initiés, pour les ramener dans le champs de l'esthétique par le biais de la photographie.




illustrations: 1 et 2 _Yves Trémorin, la dérivée Mexicaine (extraits), 2009 /// Yves Trémorin, électronogramme, 2010, courtesy galerie Michèle Chomette



vendredi 20 janvier 2012

Boris Mikhailov /// "Tea, coffee, cappuccino", Galerie Suzanne Tarassiève, Paris





Une partie de Tea, Coffee, Cappuccino a été présentée en 2007 pour la Biennale de Venise
dans le pavillon ukrainien. Cette série, prise entre 2000 et 2010, forme un ensemble de 177
photographies présenté pour la première fois en France dans son intégralité.
Les clichés sʼinscrivent dans la continuité des trois séries By the ground en 1991, At dusk en
1993 et  Case History en 1997. Ces derniers  donnaient  une image de la chute du régime
soviétique.
A Kharkov, lʼartiste  photographie des scènes de rue pour confronter son regard à la réalité
sociale de son pays. Aujourdʼhui,  « tout peut être acheté et  vendu, même les enfants ». Une
nouvelle ère est née, celle du business.
Boris Mikhailov se rappelle de ces femmes qui ont commencé à déambuler avec des
poussettes pleines de marchandises, en criant « Tea, Coffee, Capuccino ».
Cʼest un véritable signe de notre époque. Avant cette date, personne ne buvait de Cappuccino.
La série commence sur des personnes assises à des arrêts de tram, lieu privilégié pour
observer le passage du temps. Pendant de nombreuses années, le tram véhiculait les moins
aisés et les  plus vulnérables. Les voies de tram disparaissent, les naufragés du régime
soviétique aussi. Kharkov rajeunit, théâtre de lʼémergence des nouvelles couches sociales, de
businessmen,  « de petites gens dans un système globalisé ».  Une foule de  produits bon
marché sʼest imposée, créant un nouveau quotidien en plastique coloré.
Boris  Mikhailov documente la réalité.  Tea, Coffee, Cappuccino est un témoignage de cette
époque. « Je voulais voir sʼil était possible de montrer un maximum dʼaspects de cette période,
un peu à la manière dʼune peinture historique, mais en utilisant le support de la photographie
documentaire. » Boris & Vita Mikhailov – Kharkov, Mars 2010

le site de la galerie Suzanne Tarrassiève

Illustration: 
Sans titre, 
Série : Yesterday's Sandwich 1960/70,
C-Print, 
89 x 130  cm




Jesus Alberto Benitez /// Le centre n'est pas un point galerie Franck Elbaz, Paris




Jesus Alberto Benitez  est issu des Beaux-Arts de Lyon. Pour cette nouvelle exposition à la galerie Franck Elbaz, il mélange habilement dessins, photographies et peintures.
Communiqué de presse de Joana Neves:
« La première fois que j'ai vu le travail de Jesus Alberto Benitez fut lors d'une visite d'atelier pendant sa résidence de production, en 2010, au CPIF (Pontault-Combault). Il avait disposé dessins et photographies sur plusieurs tables, qui pouvaient être observées de tous les côtés. Or, il n'y avait pas de relation causale entre telle photographie et tel dessin. Questionné, l'artiste restait sur ses gardes, refusant des rapprochements trop directs. Ainsi, cette proximité déroutante entre deux pratiques distinctes se déploya comme un tissu complexe et énigmatique de correspondances - auquel s'associe à présent la peinture.

Des formes obliques, des diagonales, des zones d'ombre triangulaires ressurgissaient ici et là. Dans les photographies, les lignes de l'architecture doublées par des lignes d'ombre multipliaient les plans. Le dessin se profilait dans l'image, tandis que des formes abstraites issues des photographies faisaient leur apparition dans les dessins. 


Illustrations: 1_ Sans titre, 2009, Acrylic and adhesive tape on photosensitive paper, 62 x 43 cm, Unique /// 2_Sans Titre, 2010, photographie pliée, scannée, jet d'encre sur papier affiche, 110 X 165 cm

jeudi 1 décembre 2011

John Stezaker /// masks and other collages

Réalisées à partir de photographies de plateau ou de portraits d’acteurs trouvés dans des librairies d’occasion, d’images extraites de livres de seconde main ou de cartes postales anciennes, les œuvres que l’artiste britannique John Stezaker crée depuis le milieu des années 1970, ont pour origine la fascination que peut exercer l’image trouvée, inversant ainsi la hiérarchie habituelle entre l’artiste et l’œuvre.



« Ce sont les images qui me trouvent plutôt que l’inverse », se plaît à répéter John Stezaker. À l’exemple de sa série Mask, dans laquelle des cartes postales recouvrent, tels des masques, les visages d’acteurs de cinéma, ses collages et ses fragments d’images se caractérisent par des modes d’intervention minimaux : le recadrage, l’inversion, la superposition, la juxtaposition...
Parce qu’elles renvoient à une époque récente mais néanmoins révolue, les images qu’utilise John Stezaker mettent en œuvre le pouvoir imaginatif et révélateur que les Surréalistes percevaient dans les objets « démodés ». « Je suis intéressé par l’obsolescence des images, le point où elles deviennent illisibles, mystérieuses, où elles touchent à un autre monde », précise John Stezaker. Ses œuvres proposent un arrêt, ou un retard, dans le flot d’images qui caractérise le monde contemporain, rendant soudainement visibles des images qui s’éclipsaient derrière leurs usages et leurs fonctions.
Si elles s’inscrivent à plusieurs égards dans la continuité des pratiques du collage qui ont marqué l’art du XXe siècle, les œuvres de John Stezaker se distinguent notamment par la manière dont elles abordent la construction du sens : celui-ci n’est pas appréhendé en termes de composition, mais est l’objet d’une certaine « suspension ». La ligne créée par la rencontre entre deux images hétérogènes devient, pour John Stezaker, un espace en soi, « profondément attirant », où peut s’engouffrer le regard et d’où peuvent émerger d’autres significations. Ses œuvres explorent le potentiel du non-dit, troublant nos habitudes de spectateur en même temps qu’elles soulignent le pouvoir du regard.




lundi 21 novembre 2011

Philippe Pigolon /// Intérieur d'un gite rural dans le sud ouest





Philippe Pigolon partage la même galere que Olivier Cablat à Arles, la galerie 2600. 
Il a lui aussi participé à l'exposition "après l'archive"
"gîte de France"
L'intérieur d'un gîte rural , dans le Sud-Ouest  -  à louer .
Bienvenue  /  Welcome .
Son mobilier  ;  ses bibelots  -  que les locataires peuvent bien casser ( ou voler ) sans grande
conséquence , du fait du peu de valeur des objets  ...  du moins aux yeux de leurs propriétaires .
Novembre 2009 .
La série complète sur le site de Philippe Pigolon



Hypermarkt 2011 /// after archive /// galerie 2600 Arles



Here is the freshly finished catalog of After Archive, the exhibition organized in the occasion of HYPERMARKT.011, in Arles.
We made this free downloadable catalog firstly to thanks all the artists who participated, all the visitors, partners and all the people who stayed more than 2 minutes in our place, taking a time to play ping-pong, drink a «sirop» .

catalogue
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dimanche 13 novembre 2011

The Future of the Photography Museum /// The Four Curators /// FOAM

exposition TRAUMA Barbara Breitenfellner /// confort moderne, Poitiers


collages /// géométrie non-euclidienne


Barbara Breitenfellner est née à la fin des années 60, en Autriche où elle ne grandira pas. Diplômée du prestigieux Master of Fine Art de Glasgow où elle suit l'enseignement de Douglas Gordon, elle choisit de s'installer à Berlin à l'orée des années 2000. L'artiste consigne depuis plus de dix ans ses rêves dans ce qu'elle nomme son "dream diary". Il ne s'agit pas d'une démarche analytique ou exhaustive, elle ne s'intéresse qu'à ses rêves d'art ou d'expositions. Les retranscriptions de ses rêves privilégient un mode descriptif et synthétique. Ses notes donnent le titre des œuvres et apparaissent au mur de ses expositions. L'énoncé sert de point de départ à une mise en scène distanciée de ses projections nocturnes. .../...
L'artiste pratique également le collage depuis de nombreuses années. Une iconographie disparate provenant de sources hétéroclites crée des tableaux aux constructions savamment orchestrées. Animaux, paysages de montagnes, figures humaines, images de mode, publicité vintage s'entrechoquent pour créer des mondes inquiétants aux accents surréalistes. Comme dans ses rêves, le sens ne découle pas d’une grille de lecture psychanalytique mais apparaît de manière incertaine au gré des coïncidences de formes et d'agencements.

Barbara Breitenfellner rêve ses pièces qui semblent configurées dans une géométrie non-euclidienne. Elle agence, associe des matériaux, des objets comme des collections. Il ne s'agit pas de se souvenir au plus près de ce qu'elle a vu lors de ses nuits mais plutôt de construire à partir de ce postulat de nouvelles énigmes, de nouveaux scénarios. Elle vide le rêve de son contenu analytique pour créer un univers d'une inquiétante étrangeté.
illustrations 1_ Barbara Breitenfellner 19.1 x 25.3 cm, Siebdruck / Collage, 2011/// 2_Barbara Breitenfellner Ohne Titel, 21.2 x 27.0 cm, Collage, 2011

ELSE N°2 / revue du musée de l'élysée



(cliquer sur l'image pour consulter en ligne)


LES CLASSIFICATEURS DE LA PHOTOGRAPHIE

Le plus dur, c'était de le faire. Maintenant, c'est le plaisir de continuer. Puisque vous tenez entre vos mains le deuxième numéro de ELSE, on peut désormais dire, véritablement, qu'il existe. C'est un magazine avec sa périodicité, deux numéros par an,c'est l'étrange magazine du Musée de l'Elysée, le magazine suisse de la photographie, de l'autre photographie. Encore plus surprenante, la nouvelle livraison d'images de ELSE 2 réaffirme notre conviction d'une rencontre possible entre les genres, artistiques et vernaculaires, d'un dialogue possible entre les époques, de l'historique au contemporain. Et s'il fallait désigner des coupables, on pointerait du doigt les artistes qui, eux-mêmes-à l'instar de Brigitte Zieger, Martin Crawl ou Luciano Rigolini s'emparent, détournent et s'approprient les images. Alors, pour s'y retrouver, il fallait convoquer tout à la fois la rigueurde l'archiviste et la précision du documentaliste. Il fallait trier, répartir, grouper, ordonner, répertorier, cataloguer, classer, classifier.L'équipe de ELSE s'y est mise, de bon cœur, parfois même avec humour. Et qu'y a-t-il dans ce numéro? Des réminiscences photographiques: avec la tentative de produire l'image composite de l'œuvre des photographes, avec de sublimes tireuses, ou avec une typologie footballistique. Des photosculptures collectionnées par une grande dame de la photographie. Des photos trouvées - mais pas n'importe où! - chez un garagiste américain, auprès du roi de Thaïlande ou chez le photographe de la police. Des images dans l'image, des séries obsessionnelles - bien sûr! - des mises en scène, ou des interprétations médiumniques, dont on sait qu'elles ont plu à Brancusi. Cerise sur le magazine, il y a même un Doisneau, tellement inattendu qu'il pourrait un jourse retrouver dans la collection de Richard Prince!
Sam Stourdzé

focus sur le travail de Jan-Dirk Van der Burg:




un mini documentaire sur ses "lignes de désir":

illustration: Jan-Dirk van der Burg Olifantenpaadjes (desire lines)

dimanche 16 octobre 2011

clément chéroux /// photographier la pensée


Photographier la pensée - Clément CHEROUX par centrepompidou

Plus d'un riche parcours universitaire, Clément Chéroux est conservateur pour la photographie au Centre Pompidou (MNAM-CCI), objet sur lequel il porte un regard précis et singulier tout au long des nombreux ouvrages qu'il a publié sur la question. Il posera la question suivante lors de sa prise de parole: Comment photographier la pensée, s'appuyant sur des tentatives historiques, allant de Louis Darget à Armando Salas Portugal. 

Edvard Munch /// L'oeil moderne /// Centre Pompidou



Munch, inventeur d’un geste photographique.



Munch invente la pratique de l’autoportrait «  à bout de bras » qui consiste à s’emparer de la caméra, à tendre son bras et à retourner l’appareil vers lui, comme on le fait aujourd’hui avec les téléphones portables. Il est donc très moderne. Sa pratique photographique a son autonomie. Cela ne veut pas dire que sa peinture ne soit pas imprégnée par la photographie. Un certain nombre d’éléments qu’il découvre dans sa pratique photographique ou dans la presse illustrée se retrouvent dans ses tableaux. C’est ce que nous montrons dans la quatrième salle sur « l’espace optique » où les thèmes sont très inspirés par le cinéma (notamment les chevaux au galop, stéréotypes filmiques, ou encore les travailleurs sortant de l’usine, filmés par beaucoup d’opérateurs). Dans ses peintures, il y a non seulement des motifs cinématographiques mais plus encore une manière de peindre très cinématographique dans son utilisation de personnages qui semblent avancer vers le spectateur. C’est cet impact des technologies modernes (photographie et cinéma) qui nous intéressait
beaucoup de montrer à partir de la peinture de Munch. lire la suite ici


Munch cinéaste
Au cours d’un voyage en France en 1927, le peintre fait l’acquisition d’une petite caméra « Pathé Baby », avec laquelle il réalise des séries de vues dont à peine plus de cinq minutes ont pu être conservées. Il y témoigne, à travers une succession de courtes scènes, tournées caméra au poing, de son intérêt pour la vie urbaine : mouvement de piétons, passage de tramway, femme au coin d’une rue, homme marchant devant la caméra… Enfin, il ne manque pas de revenir à son sujet de prédilection, l’apparition de sa propre image dans tout son caractère étrange et fascinant. On le voit alors poser l’appareil devant lui, en faire le tour pour se placer à nouveau devant, se pencher vers l’objectif, et l’examiner avec attention comme s’il voulait voir ce qui se cache de l’autre côté du miroir.



où l'on perçoit

samedi 15 octobre 2011

Wolfgang Tillmans /// galerie Chantal Crousel, Paris


Pour cette exposition, Wolfgang Tillmans a puisé dans son répertoire d’images qu’il constitue depuis plus de 20 ans. Chaque exposition est pour lui une occasion d’explorer ce répertoire et de relire chaque image à la lumière des autres, nous offrant une vision chaque fois renouvelée de notre monde et de sa complexité. Ici, le choix s’est porté sur des images datant de ces trois dernières années (2009-2011) : impressions jet d’encre de grand format (env. 200 x130 cm) non encadrées, C-prints de format moyen, et d’autres plus petits sont collés ou cloués directement aux murs de la galerie sans hiérarchie pré-définie. Une constellation d’images nous est donnée à voir - au spectateur de choisir sa lecture.



Plus d'informations sur son site


Video: Tillmans parle d'une de ses "encres"



Illustrations: Wolfgang tillmans  1_Installation View, Museum für Moderne Kunst, Frankfurt, 2011 /// 2_freischwimmer 26